Bartabas

 

Lever de Soleil

Conception : Bartabas

Ecuyer : Bartabas

Musiciens : Guillaume Martigne

Cheval : Le Caravage

Costumes : Marie-Laurence Schakmundès, Gérard Viard

soin du cheval :Coralie Martinot

durée:1h

http://www.bartabas.fr/

Présentation

Hors de toute représentation et de tout spectacle, Bartabas choisit de dévoiler un moment d’intimité. Une cérémonie secrète, à vivre au point du jour au château de Fère.

Ce n’est pas un spectacle. Il n’y a rien à voir, mais tout à éprouver. C’est un moment précieux, fragile, que Bartabas a décidé de partager “presque jusqu’à l’impudeur” : son travail quotidien avec son cheval Le caravage, au lever du soleil. Des instants privilégiés entre l’homme et l’animal, portés par les lentes volutes de violoncelle. À surprendre au petit matin et à conserver comme un secret avant de rejoindre les autres, le travail, la ville éveillée…

Création 2006 – Coproduction Théâtre équestre Zingaro, Festival d’Avignon

 

Note d’intention

Aujourd’hui, j’éprouve de plus en plus de plaisir à travailler solitairement avec mes chevaux au quotidien, très tôt le matin, avant les répétitions. C’est au lever du soleil, en effet, que le corps et l’esprit sont le plus disponibles pour une écoute profonde; c’est là un moment privilégié de silence et de concentration. Et je me suis aperçu que ce qui fait la particularité de ces séances, c’est l’écoute du cheval. Il y a des moments de grâce, impossibles à reproduire. En tant qu’interprète, je suis à la recherche de cela dans la relation au cheval. J’ai donc eu envie de montrer comment, simplement, la dévotion à son travail, à son art, à l’écoute de son cheval, comme un musicien avec son instrument, peut dégager une émotion universelle, sans en passer parla représentation. Ilassez difficile de créer une situation publique qui rende à l’identique la qualité de ces heures passées dans la solitude avec le cheval, et de préserver cette intimité particulière du travail. Immédiatement, on intègre la présence d’un autre regard et le fait d’être regardé modifie la façon d’être, alors que je peux me contenter d’un détail quand je suis seul. Cette proposition – tenter de faire ressentir à d’autres la qualité de ces moments-là – a pour seul accompagnement une présence musicale simple. Ce ne peut être qu’une musique de l’intérieur, produite par un interprète-compositeur, quelqu’un pour qui l’interprétation de ses œuvres est aussi un voyage dans son propre univers et peut prendre la liberté de revisiter son travail. C’est une aventure qui place le spectateur dans une proximité, dans une intimité, presque jusqu’à l’impudeur. Qu’il puisse surprendre ce qui n’est pas fait d’ordinaire pour être vu.

 

utilisation de visuels

© jean-Louis Sauvat

attention: pas de photos, ni de vidéos, à la demande de Bartabas

Pionnier d’une expression inédite, conjuguant art équestre, musiques, danse et comédie, Bartabas a inventé et mis en scène avec tact, fougue et intuition, une nouvelle forme de spectacle vivant : le théâtre équestre.

Avec sa compagnie, fondée en 1985 à l’enseigne du Théâtre équestre Zingaro, il a conquis des centaines de milliers de spectateurs à travers le monde comme au fort d’Aubervilliers où il s’est installé, en 1989, dans un chapiteau de bois conçu à sa mesure par Patrick Bouchain.

Ses créations : Cabaret I-II-III, Opéra équestre, Chimère, Éclipse, Triptyk, Loungta, Battuta et Darshan sont à chaque fois des évènements qui marquent leur époque et témoignent d’une quête incessante, mystique parfois, et toujours profondément authentique.

Avec le temps la compagnie est devenue l’une des plus importantes d’Europe. Ses spectacles triomphent partout de New York à Tokyo, d’Istanbul à Hong-Kong ou Moscou.

Soucieux d’une transmission artistique, il fonde en 2003 l’Académie équestre de Versailles. Un corps de ballet sans autre exemple au monde, qui se produit dans le manège de la  grande écurie royale, et pour lequel il a signé les mises en scène, du Chevalier de St Georges, du Voyage aux Indes Galantes et des Juments de la nuit, productions données dans le cadre grandiose des fêtes de Nuits du château de Versailles.

Il invite aussi son académie à collaborer avec des artistes venus d’horizons très différents comme Alexandre Tharaud, Philip Glass, Beňat Achiary, Carolyn Carlson. Ses créations singulières ont souvent pour cadre des lieux originaux et atypiques comme l’abbatiale de St Ouen à Rouen où fut imaginée une envoûtante Liturgie équestre.

En état de recherche perpétuelle, Bartabas présente régulièrement des œuvres plus intimistes dont il est tout à la fois l’auteur et l’interprète, ainsi Entr’aperçu au Théâtre du Châtelet, Lever de soleil ou le Centaure et l’Animal avec le danseur de Butô Ko Murobushi.

Pour le cinéma, il a réalisé deux longs métrages : Mazeppa (1993) et Chamane(1995) produits par marin Karmitz.

Par ailleurs, sans qu’il s’agisse d’une simple démarche de captation, il filme ses propres spectacles depuis un quart de siècle. Son dernier opus, Galop Arrière, s’apparente à un véritable « travelling de mémoire » et à un questionnement sur l’ensemble de son parcours, sur l’ensemble de son œuvre.

Dans l’édition sont parus de nombreux ouvrages, citons entres autres Bartabas, roman de Jérôme Garçin, Zingaro suite équestre d’André Velter, avec des dessins d’Ernest Pignon-Ernest, chez Gallimard, La voie de l’écuyer d’Alfons Alt et Sophie Nauleau (Actes Sud), ainsi que des albums d’Antoine Poupel.

En 2009 paraît un livre-somme, avec de nombreux documents inédits et huit DVD : Zingaro 25 ans, chez Actes Sud.